Critique d'art - 27/02/2017



Voilà une dizaine d’années qu’Isaflo déroule le fil de ce motif omniprésent qu’est le chemin de Compostelle. Au tout départ ce furent d’abord les courbes figurant la sinuosité du chemin arpenté, foulé par la masse des pèlerins en continu qu’elle voulait retranscrire .Les lignes concentriques représentants les sillons tracés en stratification .Peu à peu les silhouettes ont disparues de ses toiles. Une cartographie qui ne se veut pas exacte s’inscrit sur ses toiles. Une sorte de topographie qui se construit mentalement. Son graphisme amalgame entrelacs et arabesques, pour voir une grille rythmée par la couleur telle une résille à remplir.

La base d’une règle du jeu qu’Isaflo s’astreint à suivre. Cela lui permet un champ du possible varié à l’infini. Elle cherche l’équilibre entre surface colorées en aplat et surfaces délimitées. L’image sera un parti pris coloré et une taille du motif adéquat, ultra graphique et aérien.

Peu à peu elle géométrise ces résilles en y apportant des angles plus droits et il s’opère une stratification verticale comme les  couches en géologie, où une résille de chemin vient se superposer à des images mentales essentielles, d’un village par exemple, d’un végétal observé.

Dans ces toiles plus récentes apparait un effet tridimensionnel qui n’a plus rien à voir avec son chemin mais qui lui a permis d’affirmer un nouveau style.

Laure F. agrégée en art plastique à Strasbourg